Cette peinture est l'une des premières de la série des "peintures-alphabets" ou "peintures-mots" réalisée par Magritte au cours de son séjour parisien de 1927 à 1930. Ces œuvres constituent une proposition pour établir un nouveau rapport entre les mots et la peinture, révélant ainsi l'ambiguïté des liens entre les objets réels, leur image et leur nom. Ce problème est aussi abordé par Magritte dans "Les mots et les images", article publié en décembre 1927 dans La Révolution surréaliste, qui présente un tableau confrontant des énoncés linguistiques à des vignettes illustratives. Par exemple, la première phrase nous apprend qu'"un objet ne tient pas tellement à son nom qu'on ne puisse lui en trouver un autre qui lui convienne mieux".

La Querelle des universaux pourrait illustrer cet autre énoncé tiré de l'article: "parfois le nom d'un objet tient lieu d'une image". En effet, les mots "feuillage", "cheval", "miroir", "convoi", écrits sur la toile, remplacent l'image qu'ils désignent. Placés à l'extrémité des pointes d'une étoile énigmatique et inscrits chacun sur une tache brune, "une forme quelconque qui peut remplacer l'image d'un objet", ces mots participent pleinement à la composition spatiale d'une nouvelle image fantomatique. Grâce à cette toile, la connexion que nous établissons spontanément entre les objets, les images et les mots, se trouve mise en déroute.