Le Loup-table est un être hybride imaginé par Victor Brauner en 1939, d’abord sous forme de peinture. Il apparaît en effet dans deux tableaux, Fascination et Espace psychologique, tandis que l’objet en trois dimensions est réalisé pour l’Exposition internationale du Surréalisme de Paris, 1947, sans doute à la demande d’André Breton.

Il constitue un objet surréaliste, proche du ready-made avec sa table fabriquée en série, mais introduisant avec le renard naturalisé un "objet trouvé", notion propre au Surréalisme : il s’agit d’un objet qui s’impose de lui-même à la sensibilité du spectateur grâce à une forte connotation symbolique.

La fourrure du Loup-table, terme qui évoque lui-même le mot "redoutable", symbolise à la fois la chaleur et la mort, ce qui a conduit André Breton à interpréter cette œuvre comme un signe prémonitoire de la Seconde Guerre mondiale : "Victor Brauner seul alors a tablé sur la peur, et il l’a fait au moyen de la table que l’on sait… Cette période de son œuvre nous apporte le témoignage incontestablement le plus lucide de cette époque, elle seule est toute appréhension du temps qui va venir" (Le Surréalisme et la peinture,